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Skydiving in Abel Tasman – AFF Stage 04, 05, 06

22 Apr 12


Carnets de voyage (sorry, only in french) :
Attention, il s’agit là uniquement de notes quotidiennes prises au cours de mon périple. Il n’y a rien de réfléchi, comme c’est écrit sur l’instant, donc à prendre avec des pincettes. C’est là uniquement pour les plus curieux qui ne sauraient se contenter des photos.

Vendredi 20 Avril 2012 : La semaine passée n’aura été qu’un enchaînement de préparations psychologiques et physiques en vue de la suite de ma formation de parachutisme. Je suis retourné travailler certes, mais ma seule envie était de retrouver cette baie ensoleille d’Abel Tasman, repartir dans cette petite bulle paisible d’oxygène loin de toute pression professionnelle. Au point d’en avoir posé mon vendredi pour profiter d’un long week-end. A 9h30 au drop zone je m’aperçois que mon instructeur principal, Mike, est absent jusqu’à samedi compris. De plus, Chris se trouve être un deuxième étudiant réalisant actuellement la même formation que moi. Nous allons donc tous les deux devoir nous partager l’autre instructeur du centre, Kevin. J’aimais bien Mike, il y avait une certaine confiance qui s’était établie entre nous, pour preuve, je suis toujours en vie. L’idée de me confier à quelqu’un d’autre sans autre forme de procés me déstabilise un peu. Néanmoins, tout le monde ici a l’air adorable et expérimenté, donc j’essaye de ne pas m’inquiéter outre mesure. Faire voler un avion, cela a un certains coût et pour cette raison nous sommes donc très dépendants du nombre de touristes s’inscrivant à des sauts en tandem pour continuer notre formation. Ils n’enverront pas un avion pour un seul client. Les réservations du jours annoncent qu’il y aura 5 vols, dont 3 où Kevin aura les mains libres pour s’occuper de nous, chacun notre tour. Chris étant AFF niveau 4, pour ma part niveau 3, il a la gentillesse de me laisser faire 2 sauts dans l’idée qu’on puisse tous les deux se retrouver au niveau 5. Au cours du niveau 4, je dois sauter avec un instructeur à 13 000 pieds d’altitude et expérimenter l’art de tourner pour aller un peu à droite, puis un peu à gauche, tout en ayant l’instructeur à mes côtés pour me re-stabiliser si besoin, puis ouverture du parachute à 6 000 pieds. L’avantage de ne pas avoir sauté ces derniers jours est que j’en ai oublié la peur au profit de l’excitation et je suis bien motivé à l’idée de remonter dans un avion alors que quelques temps en arrière, je me demandais vraiment si j’aurais le courage et la force de continuer cette aventure. L’inconvénient étant que ce sentiment d’excitation ne dure pas très longtemps, j’ai beau essayé de respirer, je suis de plus en plus tétanisé à l’approche du grand saut, sans compter que je me retrouve dans cette situation de “première fois” qui est doublement effrayante. Pas le temps de faire marche arrière, on est parti. En chute libre, j’ai à nouveau un rush d’adrénaline, les secondes deviennent des mili-secondes, le temps défile à une vitesse folle et j’ai l’impression d’être instable en permanence ce qui me fait paniquer encore plus. La descente en parachute se passe plutôt bien par contre, j’ai même l’occasion de tester comment tourner à l’aide de mes raisers et de prendre des virages un peu plus rapides pour mieux me rendre compte de comment tout cela réagit. Néanmoins, des vents assez prononcés me font atterrir un petit peu loin du dropzone. Malgré tout, selon Kevin, mon saut n’était pas si pire et je passe quand même ce niveau 4.
Peu de temps après, Chris échoue son niveau 5.
Puis c’est à mon tour de m’y coller.
Tout cela réuni ne m’aide pas à me déstresser. Je discute un peu avec les gens autour de moi pour essayer de trouver une technique de relaxation. Il y a bien une proposition de la part du très amical Eric originaire de Bezier, désormais expatrié Kiwi, mais dirons nous que c’est un peu trop déplacé pour être réalisable en pratique. Au programme de ce niveau, je vais à nouveau sauter à 13 000 pieds avec Kevin, puis cette fois il va rapidement me lâcher pour venir face à moi. Je devrais alors, sous ses instructions et sans perdre mon équilibre, réaliser un 360 degrés vers la droite, puis vers la gauche, pour finalement ouvrir mon parachute à 5 000 pieds. Quelques minutes avant de se lancer, un des tandem master accroché à un touriste se met à chanter en rigolant dans l’avion, histoire de détendre l’atmosphère. Cela me remémore instantanément une traversée de rivière de glacier au Groenland que j’avais du faire à plusieurs reprises il y a deux ans, en fin de journée, quand la fonte des glaces avait rendu le niveau élevé et le courant dangereusement violent. Je savais qu’au moindre dérapage je serai entraîné dans l’océan d’icebergs et le seul moyen de me calmer pour focaliser sur autre chose était de chantonner dans ma tête. Je me décide à faire de même à l’instant précis. On saute. On se stabilise. Kevin se positionne en face de moi puis, à sa demande, je commence à tourner. Je suis euphorique, je souris, puis je tourne dans l’autre sens. J’arrive à tourner tout seul, à rester en l’air, stable, “sans qu’on ne me tienne la main”. J’imagine que cela doit être une sensation similaire à celle d’apprendre à marcher, quand on nous lâche pour première fois et que l’on fait nos premiers pas tout seul. Je vérifie mon altimètre, il est déjà temps de déployer, je me précipite encore un peu trop pour ouvrir mon parachute, il faudra que je travaille la dessus par contre. Fin de la descente en douceur, et retour sur le plancher des vaches avec un atterrissage digne de ce nom. C’est en étant encore rempli d’excitation que Kevin m’annonce que j’ai passé mon niveau 5 en beauté.
J’offre ma tournée et la soirée se termine chez un couple de parachutistes avec la majorité de l’équipe. Discussion auprès du feu autour de la machine à laver reconvertie en poêle, trônant dans le jardin, puis partie de poker à l’intérieur. Je retiendrai le début plutôt que ma défaite écrasante… encore heureux que la mise n’était que de 10 dollars ! J’ai encore assez pour continuer à sauter demain, même si le prochain niveau s’annonce… effrayant.

Samedi 21 Avril 2012 : Journée calme, très calme. Faute de tandems suffisants, il n’y a eu qu’un vol assuré aujourd’hui. Chris ayant moins sauté hier, il a naturellement eu la priorité, ce qui lui a permis de réussir son niveau 5 comme il se doit. Pour ma part, cela aura été principalement du repos. Discussions avec les résidents de la White Elephant Backpacker, lecture des aventures de Mike Horn dans l’Arctique et petite escapade à 18h pour profiter des lumières du coucher du soleil en bord de plage. Le meilleur pour la fin, la soirée s’est terminée au très surprenant Gecko ; le cinéma indépendant de Motueka. Comprenez une projection de film via VLC sur grand écran avec vidéo-projecteur et son 3.1, le tout confortablement allongé dans des énormes fauteuils en cuir. Staff français chaleureux et film prenant – The Hunter – superbe.

Dimanche 22 Avril 2012 : 8h30, il fait un soleil radieux et pas un poil de vent. J’attends au dropzone, confortablement installé dehors sur les fauteuils avec vue sur la piste atterrissage, que tout ce petit monde se réveille. Le niveau 6 qui m’attend consiste en un saut à 13 000 pieds, sans que mon instructeur ne s’accroche à moi. D’habitude, on saute ensemble pour qu’il me laisse une fois stabilisé. Désormais, on va toujours sauter en même temps, mais chacun de notre côté, pour se retrouver quelques dizaines de mètres plus bas. Dans l’absolu, cela ne change pas grand chose, accroché ou non à quelqu’un on tombe toujours, mais il y a cette impression de sécurité quand quelqu’un d’expérience nous « tient la main ». Quoi qu’il en soit, on va pouvoir ensuite continuer à pratiquer l’art de tourner et d’avancer dans une direction donnée. Mon départ sonne sur les coups de 10h et nous revoilà à nouveau dans ce petit avion, coincé comme des sardines, prêt à se jeter dans le vide. A côté de moi, un garçon qui doit avoir à peine 9 ans saute en tandem accompagné de son père. J’admire son courage – ou sa folie -, je n’imagine même pas dans quel état d’adrénaline il va se retrouver dans quelques instants vue son jeune age. Soit il va adorer, soit il va être traumatisé à vie. Pour ma part, je recommence à sauter avec Mike, enfin de retour. Kevin n’a pas arrêté de lui dire que j’avais fait un très bon niveau 5, donc je suis sensé excellé dans ce niveau 6 pour ne décevoir personne. On se lance. La descente se passe plutôt bien. J’arrive à tourner même si ce n’est pas encore parfait, par contre j’ai un peu plus de mal pour avancer. Tant pis, il est l’heure d’ouvrir le parachute. Une fois de plus j’ai la mauvaise habitude de me précipiter, mais là malheur, je ne trouve pas la sangle sur laquelle je dois tirer pour le déploiement. Naturellement, et de manière incontrôlable, je panique. Je perds ma stabilité. Je continue à chercher de ma main cette sangle qui se situe pourtant à quelques centimètres de mes doigts et après quelques secondes qui semblent durer une éternité, je parviens finalement à me retrouver sain et sauf en dessous d’un parachute bien gonflé. Ouf !
A la demande de Mike, je teste de pousser la bête pour voir comment elle réagit, en faisant différent types de tournants et de récupérations, puis je me prépare à atterrir. Là encore, pour une raison que je n’explique pas, je freine beaucoup trop tard et je me pose un peu en catastrophe, beaucoup trop vite, je me tords les chevilles mais j’évite de justesse de me les fouler. Je fais signe à Mike que tout va bien, puis je le rejoins pour un débriefing. Au final le saut n’était pas trop mal – deuxième partie mise à part – c’est donc un niveau validé et je me prépare pour le suivant.
Le reste de la journée n’aura été qu’attente et frustrations. Ce qui est à venir est plutôt sexy – et effrayant – car je dois commencer à faire des backflips, puis par la suite sauter en solitaire, sans instructeur du tout. La dernière chose que je souhaite c’est d’attendre une nouvelle semaine – voire plus en cas de mauvais temps – avant de me lancer. Je préférerai enchaîner de suite, tant que je n’ai pas perdu mes réflexes et que je suis dans le feu de l’action. Malheureusement, on est 3 étudiants AFF au dropzone aujourd’hui et malgré plusieurs vols de prévus, je n’aurai pas eu la chance de trouver ma place dans l’un d’entre eux. Ce qui veut dire retour à Wellington et suite de la formation remise à un week-end futur dépendant de la météo. Comme ce serait tentant de poser une semaine (voire plus) de vacances maintenant ! Tant pis, je n’ai plus qu’à essayer de prendre mon mal en patience, au moins (juste) pour quelques temps.

 
8 Comments

Posted in 2012 : New Zealand the 22nd of April, 2012

 

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  1. RvP

    22 April 2012 at 15 h 36 min

    J’ai tout noté tes conseils pour la relaxation avant de passer la porte fatale. Je m’interroge? Quel air nous conseilles-tu? “I believe I can fly”!!!

     
  2. CaYuS

    22 April 2012 at 19 h 28 min

    Mouhahaha ; je ne pensais plus à celui-là, c’est vrai que ce serait plus approprié. Pour le respect de mon image publique, je ne divulguerai pas cette information cela-dit :)

     
  3. meme

    22 April 2012 at 20 h 22 min

    HAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

    hihi ça fais rudement peur xD

     
  4. Cathie TOUPET

    22 April 2012 at 20 h 22 min

    Bravo et encore super BRAVO….. mais malfré le stress, j’ai l’impression que tu domines un peu plus… et tu parais être au-dessus de ta peur… alors que la semaine passée, j’avais l’impression que c’est elle qui te dominait….. normal non ?????
    Bon efin tu m’épates….. mais en bonne maman je vais te répéter….. FAIS ATTENTION A TOI…… même si je me dis que tu “prends ton pied” à sauter…. je tremble à chaque fois…. c’es aussi une expérience…. à maîtriser… chacun à son niveau n’est-ce pas ??? Encore une fois merci pour ce récit plein de détail et de suspens… et à propos du poker… je voudrais te dire que ton pay Clotaire était tellement acharné, qu’un jour il est rentré chez lui (jeune marié) sans chemise…. Depuis ce jour là, il n’a plus jamais joué….. à bon entenduer … salut. Je t’aime……

     
  5. Alain Toupet

    23 April 2012 at 7 h 29 min

    Bravo de mieux en mieux…Beaucoup d’excitation en suspend en attendant les prochains sauts!
    Bisous!

     
  6. CaYuS

    23 April 2012 at 8 h 30 min

    meme > La prochaine fois que tu viens il faut que tu essayes !

    Moman > Ne t’inquiete pas pour ce qui est du poker, je n’ai jamais etait fan des jeux d’argent. Si je joue, ce sera toujours de facons moderee, pour le plaisir de rigoler a plusieurs. Je prefere largement garder mes economies pour sauter d’un avion, il y a plus de sensations :)

    Popa > Merciiiii !

     
  7. Karine

    25 April 2012 at 17 h 54 min

    Enorme Adrien!!! quelle maîtrise du saut et des virages à droit et à gauche…j’ai pas compris par contre comment fallait faire pour avancer tout droit mais le principal c’est que tu y arrives !! N’oublie pas de prendre soin de toi et tout se passera bien pour les sauts à venir j’en suis sûre!!
    gros bisous, je t’aime fort

     
  8. CaYuS

    29 April 2012 at 10 h 59 min

    Karine > La raison pour laquelle tu n’as pas compris comment il fallait avancer… c’est parce que je n’avance pas. Je devrais mais je m’y prends comme un pied :P
    Je travaille la dessus, ca devrait venir !
    (Il faut rapprocher les mains, et tendre les jambes)