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Archive for the ‘Tasmania’ Category

Wildlife in Maria Island

20 Dec 10

The former penal station is now a lovely and peaceful park, full of surprises.

L’ancien pénitencier a laissé place à un havre de paix rempli de surprises.

Maria Island, Tasmania

Wombat, Maria Island, Tasmania

Painted cliff, Maria Island, Tasmania

Beach, 2, Maria Island, Tasmania

Beach, 1, Maria Island, Tasmania

Crab, Maria Island, Tasmania

Seashell, Maria Island, Tasmania

Cloudy forest, Maria Island, Tasmania

Forester kangaroo 1, Maria Island, Tasmania

Forester kangaroo 2, Maria Island, Tasmania
Carnets de voyage
(sorry, only in french) :
Attention, il s’agit la uniquement de notes quotidiennes prises au cours de mon periple. Il n’y a rien de reflechi, comme c’est ecrit sur l’instant, donc a prendre avec des pincettes. C’est la uniquement pour les plus curieux qui ne sauraient se contenter des photos.

Vendredi 17 Decembre 2010 : Ce matin j’ai dû faire mes adieux à Wilson. A l’annonce de la nouvelle, il cachait sa tête dans sa poche ventrale pour ne pas que je puisse lire la tristesse dans son regard. Ou peut être qu’il faisait simplement sa toilette. Quoiqu’il en soit, le Bennett’s Wallaby est vraiment une créature fascinante, et ce même s’il m’a percé ma moustiquaire l’autre nuit. En attendant mon bus, j’ai revu le routard australien de la veille avec qui on s’était pris en photo mutuellement “en haut du Mont Everest” ; fort sympathique le monsieur. Puis le bus est venu, le ferry a suivi, et me voilà ce soir au coeur de Maria Island où je vais vadrouiller jusqu’à dimanche matin. Je ne suis pas encore fixé sur le programme, j’attends de voir si ça s’éclaircit ou si ça reste nuageux. Ce soir, en préparant mon dîner, j’aperçois une touffe de fourrure derrière un buisson. Cela ne ressemblait définitivement pas aux espèces d’oies aux becs verts aperçues plus tôt, je me questionne, quand soudain, illumination : “Wilson !?”. Je me dirige vers l’animal et je découvre alors une espèce d’hamster géant. Un Wombat ! Depuis le temps qu’on m’en parle ici sans en avoir vu la couleur, je suis on ne peut plus ravi de cette rencontre. Qui plus est, le bestiaux à l’appétit débordant n’a eu que faire de ma présence, et j’ai pu le photographier sous toutes les coutures. Ce petit tour sur l’île à Maria commence plutôt bien.

Samedi 18 Decembre 2010 : “Sur la plage abandonnée… Coquillages et crustacés” Non pas que Brigitte Bardot soit actuellement en Tasmanie, mais c’est un peu ce que je ressentais cet après midi. Après une bonne marche sous un soleil éclatant, je suis arrivé à l’Isthme ; ce bout de terre d’à peine 250m de large reliant les deux îles formant Maria Island. C’est assez amusant d’avoir un océan de chaque côté, et de pouvoir passer de l’un à l’autre en quelques minutes. A l’Est, le grand large, vagues déchainées et température rafraîchissante. A l’Ouest, un havre de paix, une eau calme et transparente qui plus est plutôt chaude. J’ai donc fait trempette du côté relaxant, puis comme un gamin, j’ai joué avec les crabes et autres coquillages trouvés en route. Une si grande et belle plage avec pas un chat à l’horizon méritait bien que je m’y attarde un petit peu. Sur le chemin du retour, après avoir essuyé une pluie diluvienne me rappelant que je suis toujours en Tasmanie, j’ai fait d’agréables rencontres. Wombats et Bennett’s Wallaby, ils étaient tous la. J’ai même eu la chance de croiser une famille de Forester kangaroo. Fascinants. Tellement plus impressionnant que de les voir derrière une cage au zoo. Je dois avouer qu’en à peine 24h, cette île a largement su me séduire. Je vais donc pouvoir regagner Hobart demain, et ce, sans aucun regret.

Dimanche 19 Decembre 2010 : Journée transports, ferry, bus, attente, bouquin terminé et finalement retour sur Hobart ce soir. Une bonne douche et des vêtements propres après une semaine de vadrouillage. Un retour au chaud annonçant le début de la fin en Tasmanie, ainsi que l’arrivée à grand pas de la Nouvelle Zélande.

Lundi 20 Decembre 2010 : Session Internet, mise à jour de blog et préparatifs d’avant départ. Comme les australiens l’appellent affectueusement : “Adieu Tassie… et adieu Aussie !”

 
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Posted in 2010/2011 : Greenland to New Zealand, Tasmania the 20th of December, 2010

 

Freycinet National Park : paradisiacal beaches and Wilson

16 Dec 10

Between sea and mountains, a beautiful place to relax for a few days.

Entre océans et montagnes, un magnifique coin pour se reposer quelques jours.

Mount Amos, Freycinet National Park, Tasmania

Wineglass Bay from Mount Amos, Freycinet National Park, Tasmania

Wineglass Bay, Freycinet National Park, Tasmania

CaYuS and Wilson the Wallaby, Freycinet National Park, Tasmania

Bennett's Wallaby, Freycinet National Park, Tasmania

Sunset at Cooks Beach, Freycinet National Park, Tasmania

Sunset on the beach, 2, Freycinet National Park, Tasmania

Sunset at Honeymoon Bay, Freycinet National Park, Tasmania

Sunset on the beach, 1, Freycinet National Park, Tasmania

Carnets de voyage (sorry, only in french) :
Attention, il s’agit la uniquement de notes quotidiennes prises au cours de mon periple. Il n’y a rien de reflechi, comme c’est ecrit sur l’instant, donc a prendre avec des pincettes. C’est la uniquement pour les plus curieux qui ne sauraient se contenter des photos.

Samedi 11 Décembre 2010 : Journée repos. La joie de ces jours d’après treks où tout semble plus confortable et goûtu que d’habitude. Bref, ça fait du bien !

Dimanche 12 Décembre 2010 : J’ai passé la journée à essayer de trouver un moyen simple d’organiser mon prochain trek qui n’est pas simple. Du coup, en accord avec moi-même, j’ai décidé de changer mes plans. La semaine à venir devrait donc voir un peu moins de boue et de sangsues et un peu plus de paysages paradisiaques. Allez, c’est décidé, demain je pars en vacances.

Lundi 13 Décembre 2010 : Après une matinée dans le bus, je suis arrivé en début d’après midi aux portes de Freycinet National Park. Sur la côte Est de la Tasmanie, l’endroit est réputé pour avoir certaines des plages les plus sexies de la planète. Je vais donc y passer quelques jours pour m’y balader, tout en profitant du paysage. Ce soir, je campe près de la charmante crique au nom évocateur d’Honeymoon Bay. Après avoir profité de quelques heures avec un bon bouquin, bercé par le bruit des vagues et le chant des oiseaux, le tout clôturé par un beau coucher de soleil, je peux dire que l’endroit est plus que revitalisant.

Mardi 14 Décembre 2010 :Cette journée avait tout du paradis sur terre ; ce soir j’ai le moral remonté à bloc comme je ne l’avais pas eu depuis un moment. Certes j’apprécie toujours autant de marcher dans le froid et la boue jusqu’aux genoux, rien de tel pour se sentir vivant et l’âme d’un explorateur. Néanmoins, pouvoir apprécier une journée sortant tout droit d’un catalogue de vacances paradisiaques, ça a son charme aussi ! J’ai quand même marché 5 heures aujourd’hui, le plaisir étant toujours plus apprécie considérant l’effort effectué pour l’obtenir. J’ai traversé plusieurs magnifiques plages sous un soleil éclatant, entre Hazards Beach et Bryans Beach pour finalement camper à Cooks Beach. Au matin, longeant l’océan turquoise, un groupe de 7 à 8 dauphins a fait son apparition sous mes yeux. Ils étaient juste là, à une 30aine de mètres de la rive. Sautant chacun leur tour, ils remontaient le long de la côte. C’était magique. L’espace d’un instant j’ai failli jeter mon sac à dos et mes vêtements pour tenter de les rejoindre, mais considérant leur vitesse de croisière et mon absence de palmes, j’ai vite abandonné l’idée. Je les ai donc suivis du regard, bouche bée, jusqu’à ce qu’ils disparaissent dans la grande bleue.
J’ai quand même piqué une tête un peu plus tard dans l’après midi, l’eau est si transparente qu’il est difficile d’y résister. Plutôt fraîche par contre. Le reste de la journée a été passé à admirer les Wallabies venant jouer autour du camping, ou plutôt finir nos restes, ainsi que lire sur la plage au coucher du soleil. Au moment où j’écris ces lignes, une énorme mouette fait preuve d’une technique d’alimentation dont elle seule détient le secret ; elle attrape de gros coquillages, prend quelques mètres d’altitude, puis les lâche sur les rochers dans l’espoir qu’ils éclatent révélant ainsi un festin. Manque de chance, toutes les tentatives dont j’ai été témoin ont donné suite à un coquillage, une fois au sol, égaré dans un endroit inaccessible pour l’oiseau.
Sur ce, dernier coup d’oeil au beau ciel teinté d’orangé et au dodo !

Mercredi 15 Décembre 2010 : Peu de temps après avoir rejoint ma tente, le vent s’est mis à souffler sans relâche. Quand la dame à l’office de Tourisme m’avait annoncé une tempête pour aujourd’hui, je m’attendais à un gentil petit tempillon. Ce matin, c’était plutôt naissance d’un Tsunami… Cela dit, ma tente tenant toujours le coup, tout va bien. Néanmoins je n’ai pas tardé à lever le camp pour me mettre en route pour Wineglass Bay, via le Mont Graham. Je suis arrivé à destination 4h30 plus tard après avoir essuyé vent, pluie et visibilité quasi nulle. Dommage pour une étape où j’étais sensé profiter de la vue sur l’ensemble de la péninsule. Quelques heures plus tard, l’océan déchainé s’est finalement apaisé, les nuages se sont dissipés et le soleil est revenu briller de tous ses éclats ; tout comme si la tempête matinale n’avait jamais existé. Le climat en Tasmanie est vraiment surprenant !
Alors que je profitais d’un moment lecture sur la plage, le coin tellement beau, j’ai longtemps hésité à remettre mes chaussures de marche et grimper le sommet voisin pour prendre quelques photos de cet endroit paradisiaque. J’ai voulu le faire… vraiment. Mais j’étais tellement bien sur ma plage, les doigts de pied en éventail que je me suis dit… demain. Puis j’ai continué à lire. En passant, j’ai failli ne pas l’acheter, mais je suis finalement content de l’avoir amené avec moi ce gros bouquin. C’est le premier livre que je lis de tout mon voyage qui ne soit pas un Lonely Planet. Cela fait du bien de pouvoir s’évader un peu l’esprit et d’avoir de quoi occuper ses soirées ! Il s’agit tout de même d’un livre sur des explorateurs, on ne me changera pas pour autant, mais un peu d’inspiration ne fait jamais de mal.

Jeudi 16 Décembre 2010 : A plusieurs reprises, je me suis réveillé la nuit passée ; quelque chose grattait près de ma tente. N’ayant pas le courage d’investiguer plus, je tapais sur le sol pour faire fuir l’intrus tout en tentant de me rendormir. A 6h, le même bruit, cette fois à côté de ma tête. Je lève les yeux, encore à moitié endormi, découvrant la bouille d’un Wallaby entre ma toile de tente et ma moustiquaire, le pif rivé sur mon gros sac de nourriture. Non motivé à partager mon butin, c’est de toutes façon interdit par le règlement du Parc National, je fais fuir le bestiaux en lui jetant trois brindilles et en criant “Méchant Wallaby !”. Puis je me rendors aussitôt. Aujourd’hui est un jour de grasse matinée après tout, et j’avais bien l’intention d’en profiter. Sorti de ma tente quelques heures plus tard, j’ai été pris d’un sentiment de remord. Au fond, c’est moi l’intrus ici. Je suis donc allé retrouver l’animal pour lui présenter mes excuses, on s’est serré la pince, pris en photo, on a discuté de la vie et le reste… puis je l’ai évidemment baptisé Wilson. Après toutes ces aventures, je me suis quand même mis en route pour grimper Mont Amos. Du haut de ses petits 454 mètres, ça n’en reste pas moins une montée assez technique et du coup plus que plaisante. Au sommet, la vue sur la péninsule est splendide. Après avoir papoté là-haut une demie heure avec un routard australien, comme si on se connaissait depuis toujours, j’ai attaqué le chemin du retour. La descente, plus sportive, m’a permis de me rappeler deux règles essentielles : D’une quand on se perd, s’arrêter, regarder autour de sois en quête d’un repère, et par défaut faire demie tour jusqu’au dernier repère rencontré. Le coup du “en continuant je finirai bien par retomber sur mes pas” est rarement une bonne technique. De deux, le ridicule ne tue pas, mais la fierté oui. Même si cela veut dire descendre les trois quarts de Mont Amos en se laissant glisser sur les fesses. Puis au fond, c’est un peu comme descendre des toboggans en canyoning ! Sauf qu’ici, il n’y a pas d’eau. En chemin, j’ai croisé une mamie qui ne semblait pas plus perturbée que ça par la grimpe à effectuer. Comme quoi, j’ai encore beaucoup à apprendre de mes aînés.
Ce soir, je campe une fois de plus à Wineglass Bay vu que mon bus ne part que demain. Puis c’est plutôt très chouette ici, le seul problème, c’est qu’il n’y a pas vraiment de beau point d’eau potable à proximité. De plus, ma petite gourde d’1 litre réduit ma capacité à faire des provisions. Vu que sur la balade d’aujourd’hui j’ai croisé plusieurs sources convenables, j’avais bien envie de ramener suffisamment d’eau pour être tranquille jusqu’à demain. Pour ce faire, j’ai voulu tester une technique dont les plus grands m’avaient vanté le succès depuis longtemps : le préservatif. Quand on dit que ça peut vous sauver la vie, c’est aussi pour ses facultés à transporter de l’eau ! Je me suis donc mis à l’oeuvre, remplissant ce qui avait tout l’air d’une énorme bombe à eau. Et puis… euh… disons que cela aura tenu quelques mètres avant d’exploser. Donc à l’avenir, c’est décidé, j’opterai pour des préservatifs taille XXL et super résistant. Dire qu’après certains disent qu’on est trop optimiste. Bref. Je crois que pour cette fois, je vais me contenter de l’eau verdâtre du petit ruisseau longeant le camping. Je n’en suis pas mort hier, je tiendrai bien encore un jour.

 
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Posted in 2010/2011 : Greenland to New Zealand, Tasmania the 16th of December, 2010

 

Overland Track : Trekking from Cradle Mountain to Lake Saint-Clair

10 Dec 10

A few days to enjoy the unpredictable tasmanian nature.

Quelques jours pour profiter de l’imprévisible nature en Tasmanie.

Forest and Fog, Overland Track, Tasmania

Lake and fog, Overland Track, Tasmania

Wallaby, Overland Track, Tasmania

Mount Ossa in the fog, Overland Track, Tasmania

View from Mount Ossa, 1, Overland Track, Tasmania

View from Mount Ossa, 2, Overland Track, Tasmania

After the rain, Overland Track, Tasmania

Kia Ora Hut, Overland Track, Tasmania

Forest, fog and god rays, Overland Track, Tasmania

Hartnett Falls, Overland Track, Tasmania

Snow on the Overland Track, Tasmania

Tree and wooden path, Overland Track, Tasmania

Sunshine on the Overland Track, Tasmania


Carnets de voyage
(sorry, only in french) :
Attention, il s’agit la uniquement de notes quotidiennes prises au cours de mon periple. Il n’y a rien de reflechi, comme c’est ecrit sur l’instant, donc a prendre avec des pincettes. C’est la uniquement pour les plus curieux qui ne sauraient se contenter des photos.

Dimanche 05 Décembre 2010 : Tasmanie ! Même si pour le moment je suis encore loin de la pleine nature, ça sent déjà meilleur qu’à Sydney. Dimanche fin d’après midi, tout est fermé à Hobart où je viens d’atterrir, ou presque, il me faudra donc attendre demain pour voir les réservations de bus et autres provisions à faire. Idéalement je pourrai partir en suivant, mais comme j’organise tout plus ou moins au dernier moment faute de mieux, je ne suis sûr de rien. Surprise !

Lundi 06 Décembre 2010 : Par chance en ce début de saison touristique, tout n’est pas encore complet. Après avoir fait des provisions, j’ai donc pu sauter dans un bus pour Devonport. J’y passe la nuit et demain j’aurai une connexion pour rejoindre Cradle Mountain, point de depart de l’Overland Track. Il s’agit de la randonnée la plus populaire en Tasmanie, se faisant normalement en 7 jours et traversant 80km de forêts, lacs et montagnes. Avec les treks secondaires, cela peut monter à 110 km de balade. Je ne sais pas comment je me suis débrouillé, mais j’ai réservé mon retour pour dimanche, ne me laissant que 6 jours de marche. Et forcement, j’ai envie de faire certains des treks secondaires, car c’est bien souvent là que c’est le plus joli, quand on sort des sentiers battus. Néanmoins tout n’est pas perdu. D’une je suis bien motivé et j’espère réussir à garder cette motivation même si je pars une fois de plus en solitaire. Et de deux, je pars avec un sac de 22/24kg, ce qui veut dire que j’ai plus de nourriture que nécessaire. Au menu, on retrouve la sélection du chef. Petit déjeuner thé au lait avec miel et 250gr de muesli. Midi 100gr de fromage, 30gr de salami, 100gr de crackers et 300gr de mon fidèle mix de cacahuètes et raisins secs. Et au soir, repas lyophilise (poulet, riz, pâtes et légumes) avec 75gr de cookies. Plus au cours de la journée 3 bars de céréales et deux barres de fruits secs. Avec tout ça, il n’y a plus qu’à espérer que le temps ne soit pas trop chaotique, et j’espère bien atteindre mes objectifs. Premières impressions demain soir…

Mardi 07 Décembre 2010 : Quel temps de merde ! Et je retiens mes mots. Le bus m’a déposé à Cradle Mountain à 12h. Le temps d’enregistrer mon trek auprès du Visitor Centre et de manger un casse-croute, j’étais parti vers 13h. Depuis, il n’a pas arrêté de pleuvoir un instant. En bonus, du vent à en perdre l’équilibre et une visibilité réduite. Assez bonne malgré tout pour ne pas se perdre, mais pas assez pour profiter du paysage. Ce qui est dommage, ça enlève du fun à la balade. J’avais prévu de monter un sommet aujourd’hui, mais dans ce genre de conditions, j’ai continué ma route. D’une car faire une ascension sans pouvoir profiter de la vue, ça fait quand même mal aux fesses, mais surtout car c’est trop dangereusement glissant pour être raisonnable. Du coup, je me suis contenté de la première étape entre Ronny Creek et Waterfall Valley ; 10km en 3h. Je ne parlerai pas du paysage que je n’ai pas vu, mais ça avait l’air assez joli. Le chemin est plutôt boueux mais très bien balisé et aménagé, donc pour le moment ça se fait tout seul. Je n’avais pas prévu, mais étant trempé de la tête aux pieds et vu que lorsque je suis arrivé, le refuge était entièrement vide, je dormirai entre quatre murs ce soir. On est sensé avoir du salle temps pour encore deux jours, avec espoirs d’éclaircies en suivant. J’avoue que tout ceci me motive à abattre de la distance tant qu’il pleut et me laisser le temps de profiter quand le soleil sera de retour. S’il revient.

Mercredi 08 Décembre 2010 : Le temps continue sur sa lancée ; toujours pluvieux, toujours venteux, et toujours peu de visibilité. Par moment il y a quelques éclaircies mais ça ne dure jamais plus de quelques minutes. Après réflexion, ce n’est néanmoins pas plus mal. Ce trek est hyper aménagé avec de nombreuses plateformes en bois. Avec de telles conditions climatiques, nombreux sont les chemins inondés et boueux. C’est comme si dame nature reprenait ses droits sur ce qui lui appartient. Cela ramène le côté sauvage et aventure qui manquerait vite le cas contraire. D’ailleurs c’est le premier trek que je fais où je suis en permanence trempé de la tête aux pieds. Je pense que mon matériel n’est plus aussi résistant que lors de mes premières expéditions, mais aussi avec la quantité d’eau qui tombe, toute protection arrive rapidement à saturation. Parti de Waterfall Valley à 7h30 ce matin, j’ai fait une pause repas d’une heure à Windermere sur les coups de 9h30 et j’ai continué sur la deuxième étape pour me retrouver au refuge de Pelion à 14h30. Soit environ 24km. Je ne continue pas plus loin pour aujourd’hui, car d’une je suis malgré tout fatigué de la balade, et de deux, avoir les pieds dans l’eau aussi longtemps ce n’est jamais bon. Crevasses, mycoses et autres plaies qui risquent de s’infecter… ce n’est pas vraiment le genre de choses auxquelles j’aspire. Une fois de plus, je dors sous un toit ce soir ; il y a suffisamment de place pour tout le monde, donc je me laisse tenter et je pense qu’il en sera de même pour la fin du parcours. Pour finir sur une note négative, je me lasse rapidement de voir des touristes ne pas respecter les normes simples pour protéger l’environnement qui sont écrites partout au long de ce trek. Le chauffage dans les refuges ne doit être allumé que si la température tombe en dessous de 10 degrés ; il fait rarement aussi froid en cette saison, mais ça n’empêche pas les gens de l’allumer. Sans parler de tous ceux qui ne respectent pas le chemin balisé de peur de se mouiller un peu plus les pieds… enfin. Pour finir sur une note positive, j’ai vu un wallaby, ce matin, traversant ma route ; cela fait tout drôle de croiser ce cousin du kangourou au beau milieu de sa balade. Allez, un gros dodo de 12h… voire 14h, et espérons que demain sera propice à une belle journée. Ah et j’ai oublié de parler des sangsues ! Que dire si ce n’est que… elles sont voraces les salles bêtes !

Jeudi 09 Décembre 2010 : En voilà une sympathique journée. Au réveil, on pouvait apercevoir d’autres wallabies à quelques mètres du refuge, de quoi vous mettre de bonne humeur de bon matin. Presque pas de pluie, une visibilité qui s’améliore, j’ai donc décollé sur les coups de 7h. A 8h15 au pied du Mont Ossa, le plus haut pic de Tasmanie, 1617m. Sûrement anecdotique vu d’ici, mais j’ai été pris d’une grande motivation de grimper ce gros cailloux et d’aller admirer la vue d’en haut. Il m’aura fallu presque 4h pour faire l’aller-retour, en faisant une pause repas au sommet. Le paysage
en route est assez joli, quand on le voit, car c’est un enchaînement permanent de zones de brouillard et d’éclaircies. Néanmoins, ça en reste un chouette trek secondaire. D’autant plus que le chemin beaucoup moins aménagé, voire absence de chemin et passages rocheux, offre une expérience plus aventurière hors des sentiers battus. Repris la route en suivant, j’ai rejoint Kia Ora hut à 13h20. Soit en tout un peu plus de 6h pour les 15km et 500m d’ascension. Le ranger nous a annoncé qu’il y a des risques de neige pour cette nuit ou demain. Cela promet d’être intéressant. Avec tout ça, moi je ne sais d’ailleurs toujours pas ce que je fais demain. Soit je prévois de finir ce trek dimanche, comme je le pensais, auquel cas je suis parfaitement dans les temps. Soit j’essaye d’attraper le bus samedi midi pour rentrer un jour plus tôt sur Hobart et espérer avoir plus de temps pour organiser ma prochaine aventure, mais cela voudrait dire une longue journée de marche a venir. Je suppose qu’on verra en fonction de la motivation, la météo…
Pour finir sur une touche sangsues (qui mériterait d’être censurée). Au petit matin, j’ai été pris d’une envie de satisfaire un gros besoin naturel. Au milieu de nul part, j’essaye de faire ça bien, je creuse mon trou, je me mets à l’oeuvre et je me nettoie avec quelques feuilles d’arbres ramassées en route. Au moment de recouvrir l’ensemble, je m’aperçois qu’une famille de sangsues était déjà en train de se régaler du festin. Heureusement que j’ai relevé mon popotin juste à temps, je ne veux pas imaginer ce qu’il en aurait été autrement. Erk. Bon sur ce… temps d’aller se reposer.

Vendredi 10 Décembre 2010 : Me voilà déjà de retour sur Hobart, en auberge de jeunesse, aussi surprenant soit il. La journée a été autant longue qu’intéressante. Tout d’abord en terme de météo, ça a été un festival des saisons en l’espace de quelques heures. Vent et pluie torrentielle au réveil, bien automnale. Quelques flocons de neige suivis d’une tempête de neige clairement hivernale. Des fleurs tout au long du parcours annonçant le printemps. Puis au final, des éclaircies et un grand soleil pour nous rappeler qu’au fond… c’est l’été en ce moment en Tasmanie, au cas où quelqu’un en douterait ! A mi-journée, je me suis rendu compte qu’en continuant à ce rythme je pouvais envisager d’attraper un bus pour rentrer sur Hobart le soir-même. Au début, j’ai été un peu déçu “c’est déjà fini !?”, puis j’ai commencé à envisager le dodo au chaud après une bonne douche, et la ma motivation est vite remontée à son plus haut. Une fois de plus, j’ai donc fait une très longue dernière journée de trek. 12h de marche pour boucler les 38 derniers km à travers la forêt boueuse. Je suis parti à 7h ce matin de Kia Ora hut pour arriver à 19h à la très belle, la sublime, que dis-je l’exceptionnelle Cynthia Bay annonçant la fin de l’Overland Track. Note pour plus tard : penser à faire lire mes carnets de voyage à ma soeur… Cynthia. En route, j’ai trouvé une paire de lunettes et un paquets de bombons qui avaient perdus leurs propriétaires. En grand sauveur, je me suis emparé du trésor et par chance, j’ai retrouvé les intéressés au refuge suivant. Cette marque d’attention m’aura valu une bière offerte une fois arrivé à Cynthia Bay. Je n’ai jamais vraiment aimé la bière, mais je dois dire que celle-la était particulièrement bonne ; surement à cause du contexte dans laquelle je la savourais.
Pour finir sur une anecdote, l’Overland Track est un trek qui se parcourt en haute saison uniquement du nord au sud. En début d’après midi, je croise quelqu’un qui marche à contre-sens. Je le regarde bizarrement “Mais monsieur… excusez moi, je crois que vous allez dans le mauvais sens !?”. C’est à ce moment là qu’il m’a dit être le ranger de ce parc. Et au même moment, moi j’aurai bien aimé me faire tout petit le temps de m’esquiver!
Je passerai l’anecdote où des trekkeurs se battaient avec des rats à Echo Point ; définitivement pas un bon refuge où passer la nuit. Pour finir sur une conclusion, je dirai que ce trek, même en quatre jours, vaut la peine d’être fait. De beaux paysages, une richesse climatique et un aménagement qui le rend accessible au plus grand nombre. Qui plus est les installations en bois s’intègrent parfaitement avec l’environnement limitant l’impact des marcheurs sur la nature avoisinante. Au final, c’est comme si on se baladait dans un immense parc japonais soigné à la petite cuillère. Quant aux râleurs dont je fais parti qui recherchent plus d’aventure… la pluie, le vent, la neige, la boue ainsi que les adorables petites sangsues sont là pour nous rappeler à tout moment qu’on est avant tout ici pour s’amuser, dans la joie et la bonne humeur !
De retour sur Hobart à 23h, la réception de la très chouette auberge PickledFrog est malheureusement fermée. J’ai par chance trouvé quelqu’un pour m’ouvrir la porte, donc je pense que je vais attendre le petit matin au chaud sur un canapé. Rien de tel pour commencer à mijoter sur la prochaine balade. Mais avant tout… repos!

 
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Posted in 2010/2011 : Greenland to New Zealand, Tasmania the 10th of December, 2010