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Skydiving in Abel Tasman – A License – Coaching Jumps 01, 02, 03

06 May 12

Carnets de voyage (sorry, only in french) :
Attention, il s’agit là uniquement de notes quotidiennes prises au cours de mon périple. Il n’y a rien de réfléchi, comme c’est écrit sur l’instant, donc à prendre avec des pincettes. C’est là uniquement pour les plus curieux qui ne sauraient se contenter des photos.

Samedi 05 Mai 2012 : Le soleil est sur le point de disparaître derrière la chaîne de montagne. Les derniers rayons qui parviennent jusqu’à moi sont d’un vif orangé. La baie d’Abel Tasman sous mes pieds profite de ses ultimes moments de chaleur. Quant à moi, je fixe l’astre rougeoyant encore quelques secondes, jusqu’à sa disparition complète. En parachute, à 2500 pieds, la nuit tombe désormais rapidement et la fraîcheur reprend vite possession des lieux. En tirant de toutes mes forces sur l’une de mes sangles, j’enchaîne plusieurs tournants à 360 degrés, par la droite, puis par la gauche, histoire de perdre de l’altitude tout en restant sur place. 1000 pieds, je longe la piste atterrissage. 600 pieds, tournant à 90 degrés sur la gauche, la dernière chose que je souhaite est d’atterrir sur le béton. Un dernier tournant à 90 degrés à gauche pour me diriger vers un bon petit coin d’herbe bien douillet, puis me voilà de retour sur le plancher des vaches. Il s’agit de mon 15ème saut en parachute.
Il serait pourtant bien tentant à plusieurs reprises de dire stop. Désormais que je me suis prouvé que je pouvais le faire, je peux passer à autre chose. Non pas car cela ne me plaît pas, mais parce que chaque saut correspond à l’essayage de quelque chose de nouveau, quelque chose que je n’ai pas encore tenté. Ce qui dans un sens le rend toujours excitant, peut se révéler également déstabilisant, demandant son lot de zénitude pour l’affronter en douceur et en tirer du plaisir. Néanmoins, pouvoir être témoin de moments tels que celui que je viens de vivre où l’on se retrouve seul face à Dame Nature dans toute sa splendeur, on en revient à vite oublier tout le reste, tout en ayant une bonne raison de s’obstiner et de continuer.
Le week end avait cependant assez mal commencé, un voile nuageux recouvrait Motueka jusqu’à l’horizon. J’ai passé la matinée dehors, à m’occuper avec ce petit jeu ennuyant qui consiste à scruter le ciel en quête d’éclaircissements. Rien. En désespoir de cause, j’ai commencé à apprendre l’Art du pliage de parachute. Il n’y a pas à dire, c’est une occupation aussi frustrante et complexe que celle du démêlage de fil de pêche qui se serait pris dans un arbre et sur lequel on aurait tiré pendant des heures, tout en ne sachant pas par quel bout commencer. Sans négliger le fait que cela doit être parfaitement réalisé sous peine de se retrouver en chute libre avec un parachute qui refuse de se déployer. Tant pis, on verra cela plus tard, je laisse la tache à quelqu’un d’expérimenté. Il est 14h, le soleil reprend possession des lieux et transforme la drop zone en petit coin de paradis, à des années lumières de ce qu’on avait au matin. Je commence par deux sauts en solo, histoire de me remettre en état après une semaine passée devant l’ordinateur. Plutôt instable tout ça, mais je passe un bon moment malgré tout. Puis je continue avec mon premier coaching jump pour préparer ma licence A où je pratique les mouvements avant / arrière. Toujours instable, mais il faudra s’en satisfaire pour aujourd’hui, la nuit tombe rapidement. Fin de journée dans un surprenant et délicieux restaurant dit Gothique avec nourriture raffinée. Puis séance de cinéma au Gecko. A separation. Très beau film iranien, touchant et déprimant.

Dimanche 06 Mai 2012 : J’ai du mal à sortir du lit ce matin, pourtant il fait déjà jour, mais je profiterai bien d’une grasse matinée. Un coup d’œil sur le téléphone, 8h. Un coup d’œil en direction de la fenêtre, j’aperçois des carrés ensoleillés tapissant la pelouse. Je saute du lit pour scruter le ciel ; bleu jusqu’à l’horizon - excellent ! Je me prépare en quatrième vitesse pour me retrouver au drop zone un peu avant 9h. Personne dans les parages, si ce n’est un voyageur allemand intrigué par un saut en tandem. Je le renseigne puis rapidement la drop zone se réveille au rythme des différents parachutistes qui investissent les lieux.
Je commence par un saut en solo pour me mettre en jambe et j’en profite pour pratique mon prochain coaching jump ; accélérer et ralentir ma descente. Sur la fin je fais un tracking avant d’ouvrir mon parachute, mais j’y passe un peu plus de temps que prévu à essayer de corriger la position de mes jambes, ce qui m’entraîne sans me rendre compte à ouvrir mon parachute à 4000 pieds. Un peu bas, trop bas, sachant que je suis sensé déployer à 5000 pieds. Mais bon, rien de trop grave… je pense.
J’enchaîne sur un coaching jump avec Mike au programme similaire. Toujours un peu instable, mais pas trop de problème outre cela. Entre deux sauts, je continue mon apprentissage de pliage de parachute qui s’avère être incompréhensible au plus grand point, puis je n’ai pas le temps d’avaler un morceau que je suis à nouveau dans l’avion pour un autre solo. Qui plus est, avec un parachute à moitié plié par mes soins. Espérons qu’il fonctionnera, au moins, à moitié bien… En vol je pratique mon tracking. L’idée, c’est de réussir à planer à l’horizontal, aussi vite que possible dans une direction donnée. A force de m’acharner, je commence à avoir quelque chose, mais je suis encore loin des pointes de vitesse avec perte d’altitude réduite qu’arrivent à réaliser ceux qui m’entourent. Moi je suis encore entre le sur place et la descente accéléree. En tous cas, mon parachute se déploie sans aucun problème et ce pour mon plus grand soulagement. Je retente un pliage dans la foulée, mais je suis toujours aussi confus. La tache est sensée être réalisée en 3 minutes, pour ma part ce serait plutôt 35 minutes, en demandant de l’aide à 5 personnes différentes.
Petit break au soleil, sandwich et bouquin. 4H, il est temps pour moi d’enchaîner sur un nouveau coaching jump, avec James cette fois-ci. Au programme, réalisation d’une série de tournants, tout en s’attrapant à chaque fois et chacun son tour les bras, jambes et mains. En réalité, les deux premiers se passent à peu près comme prévu, puis James tourne à 180 degrés. J’avance dans sa direction pour faire contact avec ses jambes. Je tends mes bras, sûrement trop tard, car j’avance trop vite. Je le percute. Sans comprendre ce qui m’arrive, je pars en vrille, sur le dos, la tête en bas, je bascule et je tombe. J’essaye de regagner ma stabilité le plus vite possible en reprenant une position en forme d’arche. Je localise James qui se trouve beaucoup plus haut que moi. Je tends mes jambes et mes bras aussi fort que possible, tête baissée, fessiers vers le haut, en essayant d’avoir le maximum de prise au vent pour ralentir ma descente et me retrouver à son niveau. J’y mets tout ce que j’ai. Cela fonctionne, puis je parviens à revenir face à lui. On a le temps de faire un dernier tournant, puis je dois m’en aller pour déployer mon parachute. Je tourne à 180 degrés, je track pendant 5 secondes pour partir aussi loin que possible et déployer la bête en toute sécurité. Après un atterrissage en douceur, je m’apprête à enchaîner, mais faute de parachute plié et disponible à temps, c’était donc mon dernier saut de la journée. Au fond, je ne me sens pas encore assez en confiance pour sauter sans parachute.
Retour sur Wellington, mais si la météo est clémente, je pourrai continuer la formation le week end prochain. A 19 sauts, il ne m’en reste que 6 avant de pouvoir prétendre à ma licence A. Encore faut il que la prochaine fois je sois un peu plus délicat et que j’évite de percuter de plein fouet mon instructeur en vol… il paraît que cela ne fait pas très bon genre.

 
5 Comments

Posted in 2012 : New Zealand the 06th of May, 2012

 

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  1. Cathie TOUPET

    7 May 2012 at 10 h 26 min

    Allez, je te fais confiance, je suis sure que James t’a déjà pardonné……. Tu m’épates toujours autant…. et le jour où tu sauteras sans parachute…. informe moi aupravant.. car je pense que je n’irai pas voir les photos d’atterrissage…….
    C’est vraiment génial… j’ai hâte que tu me racontes tout en détail…..car je pensais qu’avec le poids… la chute était radicale… apparemment tu as le temps de faire “joujou” avant de te décider à descendre….. Gros bisous… bonne semaine

     
  2. Karine

    7 May 2012 at 17 h 54 min

    bravo fréro, ça c’est la maitrise!!! la grande classe !!!
    je t’aime fort, yeahhhhhh fréro!!!

     
  3. CaYuS

    7 May 2012 at 20 h 27 min

    Moman > Le poids, le poids, je ne suis pas si gros quand meme ! Merci pour le commentaire quand meme ;))

    Karine> Merci frangine, de gros bisous !

     
  4. Cathie TOUPET

    9 May 2012 at 8 h 43 min

    Je ne parle pas de grosseur… mais je pensais que quand 1m90 saute du ciel…. ça descendait vertigineusement et justement encore plus dans la mesure où il n’y a pas de “coussin d’amour”……pour freiner……….ahahahahahahah Je t’aime…..

     
  5. CaYuS

    10 May 2012 at 10 h 56 min

    Moman > Pour etre vertigineux, je te garantis que ca l’est ! ;)