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Another day in Paradise – Skydiving in Abel Tasman

20 May 12

Note to Mike : You’re the best !
(that being said… I can keep on going in french ; do not try using google translate, it’s not worth it… I’m not writing (too much) stuff about you :)

Carnets de voyage (sorry, only in french) :
Attention, il s’agit là uniquement de notes quotidiennes prises au cours de mon périple. Il n’y a rien de réfléchi, comme c’est écrit sur l’instant, donc à prendre avec des pincettes. C’est là uniquement pour les plus curieux qui ne sauraient se contenter des photos.

Samedi 19 Mai 2012 : La semaine semblait interminable. Manque de sommeil et trop de travail, n’attendant qu’une chose, l’occasion de m’évader pour un nouveau week-end. Un dernier coup de pression pour me tenir éveillé, ce qui me permet de boucler mes 70 heures de labeur en 5 jours afin de réserver mon samedi dimanche à des activités plus… rafraîchissantes.
Au lit à 21h30 à la White Elephant afin de récupérer la forme et un réveil quelque peu difficile à 7h30. Néanmoins, Il m’en aura fallu peu pour me mettre de bonne humeur ce matin ; la météo est parfaite. Ciel bleu à perte de vue, absence de vent totale. Je me précipite au drop zone tel un enfant le jour de Noël, mais à 8h30 il n’y a encore aucune âme qui vive dans les parages. Qu’importe, ce sera une lecture relaxante au soleil en attendant. Une fois Kevin sur place, j’en profite pour recevoir un briefing à propos de mon test écrit pour ma licence A ainsi que les consignes de sécurité concernant le parachutisme à haute altitude. N’ayant pas eu le temps de faire les papiers la dernière fois, je me rattrape aujourd’hui. Au final, j’obtiens 100% de réussite aux deux examens, je suis donc officiellement diplômé et apte à sauter à 16 500 pieds – environ 5 030 m – d’altitude contre 13 000 auparavant. Kevin n’aurait peut être pas du me briefer, je me sens un peu coupable de ne pas avoir au moins fait une faute lors du test… tant pis, ce sentiment disparaît très rapidement quand je me retrouve à nouveau dans le petit avion en route pour la grande bleue. Du fait du gain d’altitude, je suis désormais branché sous oxygène le temps de la montée en avion. A 14 000 pieds le pilote fait quelques secousses, le signal pour nous qu’il est temps de se débrancher. Je déclipse mon tuyau respiratoire et le glisse dans ma combinaison. Dernière vérification de mon équipement, puis je me lance. Je saute accompagné de Marcel, mais sans qu’on soit accroché l’un à l’autre. Le sympathique parachutiste dont j’ai fait la connaissance quelques minutes plus tôt me rejoint en l’air, le temps de s’attraper les mains, puis on enchaîne les tournants à 360 degrés suivis de moments où on revient en contact. N’ayant pas les mêmes gabaries, j’ai tendance à chuter plus vite que lui, on doit donc à plusieurs reprises corriger la position de nos corps respectifs afin d’accélérer ou de ralentir notre descente pour rester au même niveau. En train d’essayer de rectifier ma posture, je me retrouve soudainement juste en dessous de lui. La sensation est des plus étrange. Kevin m’en avait parlé au matin mais je ne le croyais pas. En vrai, il me “vol mon air”, je perds donc immédiatement toute stabilité et tombe de manière incontrôlée. Heureusement tout cela ne dure que quelques secondes et je suis vite de retour en position pour finir le tout en douceur. Quoi qu’il en soit, il n’y a pas photo, à 16 500 pieds, je passe de 45 secondes à pratiquement 1min20 de chute libre ; 35 secondes de bonheur supplémentaire !
Désormais en train de m’entraîner pour ma licence B, je dois réaliser un minimum de 10 sauts en formation, dont 5 à 3 et plus. Des parachutistes nous rejoignent au drop zone et le prochain sera un “4 way” – comme son nom l’indique, un saut à 4. De nouveau avec Marcel, ainsi que Denis – un amusant graphiste suisse à la philosophie Bouddhiste rencontré le week-end dernier – et Véronique – une française en voyage dans les parages qui nous fait le plaisir de se joindre à nous pour ces deux jours. Cette dernière n’ayant pas son certificat haute altitude, on saute donc à 13 000 pieds. Marcel et moi sommes à l’extérieur de l’avion. Véronique et Denis à l’intérieur, ce dernier s’accrochant à moi. Je m’assure que tout le monde est fin prêt puis je donne le signal en le mimant également de mon corps : OUT, IN, OUT ! Denis est deux fois plus petit que moi, avec cependant un poil plus d’expérience. On essaye de se stabiliser autant que possible. On parvient pratiquement à l’être, puis on repart en vrille. Au final on opte pour le plan B, à savoir se déconnecter puis essayer de se rejoindre un peu plus tard. Dés qu’on se lâche l’un l’autre, je continue à chuter rapidement mais pour lui, désormais débarrassé de l’enclume à laquelle il s’était accroché, il se retrouve tel une plume reprenant de la hauteur. Je cherche des yeux Marcel et Véronique, les localise et me dirige à leur rencontre. Le temps d’un sourire, il est déjà l’heure de faire nos adieux. Denis nous a déjà abandonné depuis longtemps de toutes façon. On track pour mettre de la distance entre les uns les autres et on ouvre nos parachutes respectifs.
Toujours pour ma licence B, je dois réaliser 5 atterrissages de précision. J’ai donc défini à l’avance une zone dans laquelle j’ai annoncé que j’allais me poser, moyennant 5 mètres de marge d’erreur, puis je tache de m’exécuter. En pratique ce n’est pas aussi évident qu’il en a l’air et je me retrouve un poil plus loin que prévu. Car pas question d’entreprendre des décisions dangereuses au dernier moment – tel les tournants à basse altitude – pour atteindre son objectif. Il s’agit donc de planifier à l’avance en prenant en compte la force et direction du vent pour que tout se fasse en douceur et sans risque inutile.
Le temps de plier mon parachute, je me lance à nouveau pour un solo cette fois, à 16 500 pieds. Une fois en l’air, vidant mon esprit de toutes préoccupations, je me mets en direction de l’océan, je tends mes bras et mes jambes de toutes mes forces, puis je pars pour 20 secondes de track. La tête recourbée, j’observe mes pieds qui s’alignent avec l’horizon, la chaîne de montagnes et le ciel d’un bleu éclatant, tout en filant à très grande vitesse. La sensation de relaxation et de paix intérieure est indescriptible ; tout simplement l’impression d’être ailleurs et d’avoir le ciel pour soi tout seul. Je m’arrête le temps de vérifier mon altimètre. Je suis encore assez haut. Une galipette arrière, puis je repars pour un dernier track avant de déployer mon parachute. Je réalise de nouveau un atterrissage de précision, mais cette fois-ci beaucoup plus prés du but. Approuvé donc par Mr Herb qui surveille ma manœuvre depuis la drop zone !
La journée se termine calmement avec un départ prévu pour demain matin à 7h30. C’est tôt, mais on ne va pas se plaindre, c’est plutôt bon signe. En attendant je n’ai plus qu’à profiter d’une pause Gecko avec le très chouette film italien Happy Family, précédé d’un bon dîner!

Dimanche 20 Mai 2012 : Réveil – très – difficile. A 6h50, il fait encore nuit et froid. Je traîne un peu trop longtemps sous la douche bouillante. 7h25, je suis en retard. Une barre de céréale, un fruit, je fais mon sac et saute dans la voiture. Les vitres sont toutes recouvertes de glace, je conduis le chauffage à fond, tête à l’extérieur. 7h40, j’arrive au milieu d’une drop zone en effervescence. Tout le monde est déjà prêt ; on me propose de partir sur le premier vol. Vu la température qu’il fait ici, considérant qu’on perd 2 degrés par 1 000 pieds, cela veut dire qu’il doit faire entre -25 et -30 degrés là-haut. Ok, je viens, mais je prends des gants ! Un premier solo pour me mettre en forme, rien de bien complexe. Cela dit je ne sens plus le bout de mes doigts et il me faut quelques minutes, une fois de retour au sol, pour en retrouver toute sensation. Note personnelle : je fais cela par choix car j’y prends du “plaisir” – penser à m’en souvenir dans ce genre de moment. Je récupère un nouvel équipement pour enchaîner immédiatement sur un deuxième solo. Je profite de la grande bleue pour tracker à toute vitesse ; ayant désormais réglé mon altimètre audible à différents paliers, je peux me laisser aller sans avoir peur de perdre notion de l’altitude à laquelle je me trouve. Je continue à pratiquer l’atterrissage de précision, ce dernier n’étant pas trop mal bien que toujours un peu en dehors de ma cible.
Je continue dans la lancée avec un troisième puis un quatrième saut. Pour le troisième, je suis avec Ben qui travaille aussi au drop zone. Par mal chance, il oublie de mettre en route sa caméra. Bien dommage car on parvient à réaliser plusieurs points de contacts et de tournants ; le tout dans la joie et la bonne humeur. Cette fois-ci je me retrouve armé d’un Saphire 180, à savoir un parachute beaucoup plus petit de ce à quoi je suis habitué (260). Lors du déploiement, sans avoir le temps de faire quoique ce soit, je commence à partir en spirale incontrôlable tout en perdant de l’altitude à une vitesse déconcertante. Faute de connaitre ce parachute, je sais qu’il y a un problème, mais je ne sais pas s’il y a un disfonctionnement justifiant que je m’en débarrasse et déploie ma réserve. Quoi qu’il en soit je dois agir vite ; l’absence d’action n’est pas une option. La toile semble pourtant avoir une forme normale. J’essaie d’attraper mes sangles tant bien que mal dans cette centrifugeuse infernale et tire dessus de toutes mes forces pour regonfler l’ensemble en essayant de me stabiliser. Heureusement, tout revient à la normale ; A 2000 pieds, j’ai encore le temps de préparer un atterrissage en douceur. Mais ne rêvons pas, avec un bébé pareille, j’approche le plancher des vaches à grande vitesse et je me pose en courant. Dire qu’il ne s’agit “que” d’un 180 et que je vais continuer à réduire en taille au fur et à mesure que je vais gagner en expérience.
Le quatrième est un solo beaucoup plus tranquille où j’en profite pour pratiquer la chute sur le dos. Encore très instable, il va falloir que je demande des conseils. De retour avec un Omega 260, je m’exerce à un nouvel atterrissage de précision, se révélant cette fois-ci parfait ! L’occasion de faire un bon break au soleil. 10h du matin et déjà 4 sauts, cela relève de l’addiction maladive. Les vols de tandems s’enchaînent donc pendant que je me relaxe en bronzette pour récupérer de la matinée.
Vers 15h, un vol sportif se lance et on teste un “3 way” avec Ben et Lili. Cette dernière pratiquant pour sa licence B également, c’est l’occasion d’en profiter avec Ben qui nous surveille. Tous les trois à l’extérieur de l’avion, on se lance simultanément mais non connectés. On est sensé se regrouper en étoile pour réaliser plusieurs enchaînements, mais cela s’annonce plus complexe que prévu.Tout notre temps est passé à essayer de se stabiliser à une altitude commune, en vain. Tant pis, 6 000 pieds, je mets les voiles et je déploie.
La journée doit se finir sur cette note.
Je ne veux pas y croire ; il est encore tôt, la météo est parfaite et il y a plein de sportifs sur la drop zone.
Je vas voir Lisa qui est en charge de l’administratif.
- “Il n’y a pas moyen que l’on fasse un deuxième vol sportif ?”
- “Si tu arrives à convaincre 10 personnes de re-sauter, mais je doute que tu y arrives.”
- “Même si le vol est pour moi ?”
- “Jésus Christ, tu vas payer pour l’ensemble du vol ?”
- “Pourquoi pas…” – un sourire aux lèvres – “On peut faire ça ?”
- “Oui Adrien, tu peux définitivement faire ça !”
En préparant ce plan machiavélique, je repensais à deux choses : une conférence vues quelques semaines auparavant prouvant que le bonheur peut s’acheter. Dans le sens où on dépense son argent pour les autres au lieu de le garder pour soi-même, ce qui correspond clairement au plaisir et à la satisfaction d’offrir. D’autre part, je reste convaincu que plus on donne plus on reçoit. Tout cela n’a pas pris longtemps à être largement confirmé. En quelques secondes, on est dix parachutistes parés et motivés ; tous enchantés de l’occasion, ce qui me ravi de plus belle. En prime ce cher Mike, dans toute sa folie amicale, est de la partie et propose de marquer le coup avec quelque chose de spécial. On va tous sauter à 16 500 pieds, Mike, Lili et moi même serons connectés. Une fois stabilisés, on va tenter d’agrandir notre cercle avec tout le monde pour former une étoile humaine de dix personnes. Au signal de Mike, on n’aura plus qu’à tous partir dans un tracking géant dans sa direction. On a même plusieurs caméras et appareil photo pour témoigner de ce qui se prépare.
Un peu plus stressé que d’habitude, car dans ce genre de formations à plusieurs, la réussite du groupe dépend de la perfection de chaque individu et je suis le moins expérimenté. En pratique, on parvient à faire une étoile à 5 avant d’éclater et de tous partir dans un track désorganisé. On est loin de la perfection mais on est à fond dans le fun et je m’amuse comme je n’avais encore jamais eu l’occasion, du fait de faire partie de cette bande de cowboys volants le temps de quelques dizaines de secondes. La journée se terminera donc cette fois sur cette touche euphorique avec toute l’équipe encore excitée de cette dernière descente hors du commun. On m’offre même un t-shirt en me remerciant d’être sois-disant “so awesome”. L’heure pour moi de refaire route pour Wellington, gardant encore quelques temps ce petit sourire aux lèvres, et promettant de revenir le week-end prochain – même si pour le moment, il est annoncé pluvieux … fingers crossed !

 
17 Comments

Posted in 2012 : New Zealand the 20th of May, 2012

 

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  1. Cynthia

    20 May 2012 at 14 h 03 min

    tu es définitivement un grand malade : un grand malade généreux en plus !!!! alalalala !!!! vivement que je te serre dans mes bras en une seul pièce !!!!

    Enjoy brother ! love u !!

     
  2. Cathie Toupet

    20 May 2012 at 14 h 14 min

    Que de joie de te lire à nouveau…. et de voir ce bonheur qui t’envahit chaque fois…… même si quand je vois la mer de Tasman j’ai mal au ventre…… je suis certaine que tu es très “awesome ” et vais filer chercher le dico pour avoir la définition exacte…… fingers crossed pour la semaine prochaine hands and feet …. Enormes bisous et bon courage pour ta semaine. Je t ‘AIME et suis impatiente de te revoir. Bientôt maintenant. Une Fan……..

     
  3. Cathie Toupet

    20 May 2012 at 14 h 16 min

    Et félicitations pour la licence…… je vais commencer à me préparer psychologiquement….. ahahahahaaaaaaa !!!!!

     
  4. Karine

    20 May 2012 at 18 h 05 min

    youhouuuuu!!! c’est énorme!!!!! félicitations, c’est vraiment énorme tous les progrès que tu fais de semaine en semaine
    gros bisous, on t’aime fort!

     
  5. CaYuS

    20 May 2012 at 19 h 51 min

    Cynthia > Plus que deux semaines !! :)

    Moman > J’imagine que maintenant la mer Tasman prends un deuxième sens pour toi… mais vu d’ici, elle est pourtant si paisible et paradisiaque :)

    Karine > Merciiii frangine !

     
  6. Alain Toupet

    21 May 2012 at 7 h 49 min

    C’est comme dans un film…on attend la suite avec impatience! Bravo!

     
  7. Cynthia

    21 May 2012 at 9 h 12 min

    Que de fans… !!! tu es une star !! :-)

     
  8. Cynthia

    21 May 2012 at 9 h 13 min

    hepppppp !! au fait : tu vas maintenant pouvoir faire des effets spéciaux en sautant d’un parachute !!! trop cool !!!!!!!!!!!!! :-)))))))))))))))))

     
  9. CaYuS

    21 May 2012 at 10 h 18 min

    Popa > Merciii, moi aussi !

    Cynthia > Tu n’as rien compris, l’idée c’est de fuir le boulot, pas d’y retourner !! :))

     
  10. Toton JM

    25 May 2012 at 13 h 41 min

    Adrien,
    As-tu prévenu tes parents que tu allais atterir dimanche dans le jardin

     
  11. CaYuS

    27 May 2012 at 3 h 42 min

    JeanMi > Haha, si seulement !
    Vu la taille du jardin et mon imprécision actuelle, je serai fichu d’atterrir chez la voisine ;)
    On va donc éviter pour cette fois.

     
  12. Line

    27 May 2012 at 22 h 18 min

    Ca envoit du lourd cousin !!
    Au fait, tu restes de quand à quand sur Tolosa ?
    (Parce que j’atterrirai à Blagnac le 8 juin au matin , histoire d’être fin prête pour la finale du Top 14) et je serai là jusqu’à dimanche soir.

     
  13. CaYuS

    29 May 2012 at 7 h 50 min

    Line > Merci Cousine !
    Malheureusement je croix qu’aux dates donnees je quitterai Annecy (festival) pour monter sur Paris. Au final je ne devrais etre que tres peu a Toulouse, principalement pour le premier week end de juin.
    Seras tu a Paris de ton cote le reste du temps ? Doit y avoir moyen de trouver un soir pour faire un coucou.

     
  14. Line

    29 May 2012 at 17 h 52 min

    Combien de temps tu restes en France du coup, enfin de quand à quand ? J’ai mes prochains week-end bien blindés et je ne suis pas sur Paris les fins de semaine jusqu’à mi-juin. Mais si tu es sur Paris en semaine, préviens moi, on tentera de se trouver un créneau pour aller boire un kiwi juice ;-)
    GROS beckos à toi et tout le restant de la famille !!!

     
  15. CaYuS

    29 May 2012 at 20 h 34 min

    Ne t’inquiete pas, je crois que je suis aussi blinde que toi, j’ai tous mes week ends de pris. Je serai en France tout le mois de de Juin et c’est tout.
    Essayons de se capter pour un verre en semaine sur Paris quelque part entre le 11 et le 29 juin – si c’est possible, sinon une prochaine fois :)

     
  16. Steph (P!C)

    25 July 2012 at 19 h 50 min

    CaYuS tu es un grand malade, super la vidéo !

     
  17. CaYuS

    29 July 2012 at 8 h 31 min

    Steph > Malade toi meme d’abord ! Non mais ho :D